À l’âge de quatre-vingt-quinze ans, Eloïse Luzader part enfin à la retraite après avoir passé vingt-neuf ans à servir les clients du Gateway Café de Manoa, à l’université d’Hawaï.
« Les jeunes me permettent d’être dynamique. Ils me poussent à rester jeune », déclare-t-elle énergiquement.

Même si elle doit laisser son emploi avec le cœur serré, elle pense que c’est le meilleur moment pour cela.
« Les jeunes me manqueront car je les considère comme ma force vive et ma vitalité », affirme-t-elle.
Son rapport avec les jeunes va au-delà d’un simple contact commercial. Elle les voit comme ses propres petits-enfants.
« Le simple fait de venir à la passerelle pour la saluer est un véritable délice », raconte de son côté Jace Valentine, l’une des étudiantes. »
Évidemment, son départ sera lourd à porter, pour autant, je suis contente qu’elle puisse finalement se reposer quelque peu. Elle en a bien besoin.
En plus de son rôle de caissière, Mme Luzader se vante d’avoir joué le rôle de marieuse à plusieurs occasions, contribuant ainsi à trois unions nées de rendez-vous au café.

« Voici déjà quelques années, une jeune fille a souhaité que je la mette en contact avec un jeune homme. Je lui ai dit : » OK, mais après, tu devras te débrouiller sans moi » », plaisante-t-elle.
En dépit des quelque mille étudiants qu’elle accueille quotidiennement, elle se rappelle leurs noms, bien qu’elle affirme n’avoir aucune préférence pour chacun d’entre eux.

Eloise Luzader s’en va, mais son héritage continuera de vivre dans le cœur et la mémoire de tous ceux qu’elle a contactés au Café Gateway.
